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Environnement
Février 2022

Saint-Ouen-l’Aumône : le projet de carrière abandonné

Alors que le rapport d’enquête publique devait être rendu sous peu, la société porteuse du projet, ECT, vient de retirer son projet d’extraction de granite. Celui-ci était fortement décrié par les habitants du secteur notamment à Méry-sur-Oise.

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C’est une victoire pour les Mérysiens. À quelques jours d’un avis rendu par des enquêteurs publics, le groupe ECT a retiré, jeudi 10 février, son projet d’exploitation de la carrière du fond de Vaux, sur la commune de Saint-Ouen-l’Aumône.

« C’est une grosse satisfaction, mais que d’efforts ! », se réjouit Yves Orio, président de l’ADEPFV, association de défense de l’environnement et du patrimoine du fond de Vaux. Une victoire pour cette association constituée il y a quatre ans et qui s’était fortement mobilisée durant l’enquête publique fin 2021, avec notamment une pétition signée par près de 15 000 personnes.

Craintes pour la santé et l’environnement

Dans le projet souhaité par le groupe ECT, il était question d’extraire et transformer du calcaire en granulat [forme de ravier pouvant servir à réaliser des mortiers, ndlr] sur le site de l’ancienne champignonnière du fond de Vaux. Une activité inacceptable pour les habitants du secteur, qui craignaient poussières et microparticules, dans une zone où les premières maisons, deux écoles et une crèche sont situées à quelques centaines de mètres.

Pour Yves Orio, il y avait « un problème de santé publique » et un risque « de maladies pulmonaires », en plus du « bruit et d’une importante circulation de camions [sur la départementale 922] ». Sans compter un impact environnemental. « Il y a des animaux comme des chauves-souris sur cette carrière, il y a un écosystème, qui s’est créé », explique le président de l’ADEPFV.

L’association reste sur ses gardes

Contacté, le porteur du projet explique avoir retiré son projet pour des raisons techniques. « La SAFV souhaitait créer un nouvel accès au site. Cet accès entièrement sécurisé aurait grandement optimisé l’intégration locale des activités d’exploitation et de remblaiement de la carrière. Face à l’impossibilité d’obtenir une quelconque maîtrise foncière sur la parcelle de l’accès pressenti, la SAFV a préféré retirer son projet », explique Julien Golaszewski, directeur adjoint du développement chez ECT et Président de l’SAFV.

Mais le président de l’association de défense de l’environnement et du patrimoine du fond de Vaux avance une autre explication. « Le rapport [de l’enquête publique] allait être négatif pour eux. […] Nous avions fait des centaines de remarques [lors de l’enquête publique], il y avait tellement de choses qui n’allaient pas dans ce projet », estime Yves Orio.

Mais celui-ci dit rester prudent. Un premier projet avait déjà été déposé il y a près de 10 ans. « Un avocat avait été pris pour le premier projet, et on en avait un sous le coude pour ce second projet, si ECT n’avait pas déposé les armes on aurait continué à se battre ». « Pour l’instant ils ont été calmés, mais on reste vigilant, s’il y a d’autres projets on est prêt », conclut Yves Orio.


Santé · Conseil départemental
Janvier 2022

Un plan à 4,35M€ pour lutter contre la périmortalité

Le Val-d’Oise affiche des statistiques parmi les plus élevées de la région Île-de-France en matière de mortalité périnatale et infantile. Un plan sur deux ans a été adopté par le conseil départemental pour tenter de remédier à cette situation.

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Triste constat dressé par les élus du département. Dans le Val-d’Oise, sur 1000 naissances 4,6 nourrissons perdent la vie et 10,4 foetus sur 1000 y décèdent entre 22 semaines et 36 semaines d’aménorrhée. Des chiffres supérieurs à la moyenne régionale (3,8 et 9,6 pour 1000). Tout aussi préoccupant, la mortalité infantile val-d’oisienne a progressé de 20% depuis 10 ans, là où dans les autres départements franciliens elle stagne.

C’est pour tenter d’enrayer ce phénomène que le conseil départemental a adopté à l’unanimité un plan de lutte contre la mortalité infantile en décembre dernier. Doté d’une enveloppe de 4,35M€ pour les deux prochaines années, il doit financer plusieurs mesures allant dans un même sens : un meilleur suivi des femmes enceintes.

« C’est dans les cinq premiers mois qu’il faut agir »

La précarité, le manque de suivi ou encore la méconnaissance des dispositifs existants comme les consultations gratuites dans les centres de PMI (Protection maternelle et infantile), sont parmi les explications à cette situation. Or, « c’est dans les cinq premiers mois qu’il faut agir, on se rend compte que beaucoup de femmes ne consultent qu’au 6e mois, c’est compliqué puisqu’elles ne savent pas si elles ont une grossesse multiple, ne savent pas si l’enfant a une malformation et donc c’est trop tard pour certains actes de soin », alerte Véronique Pélissier, vice-présidente du conseil départemental déléguée à l’Enfance et à la Famille.

Pour mieux faire connaître ses 54 PMI aux femmes enceintes, le Val-d’Oise prévoit de se rapprocher de la Caisse d’allocations familiales pour pallier un problème : la non-transmission aux PMI de certaines déclarations de grossesse dont la CAF est destinataire. À cela va s’ajouter une campagne de communication auprès du grand public pour 50 000 euros en 2023.

Pour remédier aux situations de précarité, la prise en charge de certaines dépenses des femmes enceintes est aussi prévue. « 30% de ces femmes n’ont pas de mutuelle, 6% n’ont même pas de couverture sociale. Donc certains examens sont impossibles pour elles », explique Véronique Pélissier.

Dans ce sens, une enveloppe de 20 000 euros va être mobilisée pour la prise en charge des tests de dépistage du diabète gestationnel pour une quarantaine de femmes. Des consultations itinérantes par un diététicien-nutritionniste sur les centres de PMI vont également être mises en place pour suivre les femmes touchées par le diabète gestationnel.

Une PMI mobile mise en place en fin d’année

Sur le modèle d’une initiative prise par le conseil départemental des Yvelines, le Val-d’Oise va mettre en place des consultations itinérantes dans les quartiers, grâce à un bus. Deux types de publics pourraient en bénéficier. « Sur Argenteuil, ou encore Sarcelles, les femmes ne sortent pas de leur quartier. Et s’il y a une PMI dans un autre quartier, elles n’y vont pas, on se rend compte qu’il y a des PMI qui sont vides. Et nous avons aussi une difficulté avec des personnes dans les milieux ruraux », explique Véronique Pélissier, vice-présidente déléguée à l’Enfance et à la Famille.

Investissement de 340 000 euros, cet équipement de PMI mobile sera doté d’une équipe comparable à celle d’un cabinet médical avec médecin, sage-femme, puériculteur et de tables d’examens gynécologique, et pédiatrique. Le bus doit être acheté prochainement, aménagé, pour des premières consultations en fin d’année.

Intervention renforcée dans les écoles primaires

Dernier volet du plan adopté, le renforcement du suivi des enfants dans les premières années de vie. Le département se fixe ainsi pour objectif de généraliser les bilans de santé réalisés par les professionnels de PMI entre 3 et 4 ans dans les écoles maternelles, là où seuls 10% en ont bénéficié en 2020.

Dans cette logique, dix postes de puéricultrices vont être créés pour une enveloppe annuelle de 520 000 euros. Enfin un orthophoniste et un orthoptiste vont également s’ajouter aux effectifs de la collectivité, pour remédier à une problématique : 20% des enfants rencontrés en bilan de santé par la PMI présentent des faiblesses visuelles ou du langage. Un phénomène expliqué par le département par la faiblesse démographique médicale du territoire.


Justice
Octobre 2020

Soisy-sous-Montmorency : le maire condamné pour favoritisme

Poursuivi pour des faits survenus au sein de la mairie de Soisy-sous-Montmorency, Luc Strehaiano a été condamné lundi 5 octobre par le tribunal de Pontoise. Il écope de 20 000 euros d’amende avec sursis et doit verser 5 000 euros à l’association Anticor.

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C’est un non-respect des procédures des marchés publics qui conduit à cette condamnation du maire LR de la commune. La justice estime qu’il y a eu favoritisme sur l’attribution sur la communication institutionnelle de la ville confiée aux sociétés Idéepole, [filiale de Bygmalion, ndlr], et Self made print, ainsi que dans la représentation de la ville par le cabinet d’avocat Gentilhomme.

L’élu, qui comparaissait dans le cadre d’une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité, écope d’une peine avec sursis de 20 000 euros, qu’il n’aura donc pas à verser. En revanche, il devra s’acquitter de 5 000 euros pour dommages et intérêts au bénéfice de l’association anticorruption Anticor, qui était partie civile.


Éducation · Conseil départemental
Avril 2020

Persan aura un 2e collège en 2023

Le conseil départemental a acté la création d’un deuxième collège à Persan d’une capacité de 650 élèves. Attendu pour la rentrée 2023, il doit permettre de répondre à la croissance démographique présente et future de ce secteur.

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Le confinement ne rime pas avec la mise à l’arrêt de tous les projets. C’est lors d’une séance plénière inédite, organisée grâce au logiciel de visioconférence Skype, que les élus ont voté, le 24 avril dernier, le lancement d’une opération de création d’un nouveau collège sur la commune de Persan pour 2023.

Cette annonce d’un second établissement sur la commune intervient dans une période où de nombreux projets de construction ont déjà été lancés par le conseil départemental. En septembre dernier, un nouveau collège a ouvert à Cormeilles-en-Parisis, un autre est attendu au Plessis-Bouchard pour 2021. Deux autres doivent également voir le jour en 2022, à Argenteuil et Cergy.

550 nouveaux collégiens en 2025

Le « collège Georges Brassens [de Persan] a dépassé sa capacité théorique [de 600 places, ndlr] en 2014 de façon importante puisqu’il est à 117% et sera à 130% à horizon 2021 », explique Virginie Tinland, vice-présidente du conseil départemental en charge de l’éducation. « Il y a également les villes voisines de Bernes-sur-Oise et Bruyère-sur-Oise avec les collèges Jacques Monod et Pierre Perret qui devraient également atteindre leur capacité théorique lors des prochaines rentrées », ajoute cette dernière.

Selon les chiffres de l’INSEE, les villes du secteur ont connu d’importantes progressions démographiques. Entre 2014 et 2016, la population a crû de 17% à Persan, de 4% à Beaumont-sur-Oise, de presque 15,5% à Mours et de 7,34% à Champagne-sur-Oise. « Au regard des programmes de construction à venir sur la commune de Persan, représentant 3080 logements supplémentaires, on estime à 554 le nombre de nouveaux collégiens à accueillir en 2025 dans ce secteur », ajoute par ailleurs le département.

Et si l’actuel collège pouvait voir sa capacité d’accueil augmenter grâce à des travaux d’extension, les élus ne l’ont pas souhaité. « Le collège Georges Brassens est d’une capacité de 600. Il pourrait être augmenté, mais nous ne le souhaitons pas au vu du climat scolaire qu’il est important de maintenir sur ce secteur », explique Virginie Tinland, vice-présidente du conseil départemental en charge de l’éducation.

Implanté au Val de Persan

D’une capacité de 650 places, le second collège de la commune disposera d’un service de demi-pension avec une cuisine de production, une cour de récréation, un plateau d’éducation physique et sportive et quatre logements de fonction. « La construction respectera la démarche de développement durable du département », explique la collectivité.

Cet équipement dont le coût est de 15,5 M€ devrait être implanté à l’entrée de la commune. Le département explique en effet être en discussion avec la ville pour qu’il soit construit dans le secteur de la pointe Verte, plus connu sous le nom de Val de Persan. « C’est un secteur très privilégié, puisqu’à côté d’un grand parc », explique la vice-présidente du conseil départemental chargée de l’éducation.

Une révision d’urbanisme nécessaire

« C’est un challenge de tenir le calendrier proposé car 2023 c’est demain », estime de son côté Arnaud Bazin, conseiller départemental LR et ancien maire de la ville. Car pour que ce collège puisse sortir de terre, une modification du plan local d’urbanisme (PLU) de la ville est nécessaire.

« Actuellement, les circonstances font que ça nous fait prendre un peu de retard par rapport au planning original, car les conseils municipaux ne peuvent se réunir et il est souhaitable que les nouveaux maires soient élus pour que le PLU soit révisé », explique l’élu.


Terroir
Avril 2018

Saint-Prix : le vin local bientôt commercialisé

La commune de Saint-Prix produit son propre vin depuis 2009. Nommé « Coteaux de Saint-Prix », sa production prend de l’ampleur et sa commercialisation interviendra prochainement, annonce la ville.

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« Ce vin est digeste, très agréable à la vue. Il offre des notes comparables à un pineau » analyse Fabien Vullion, chef sommelier du restaurant parisien Antoine. Ce professionnel de l’œnologie déguste plusieurs millésimes des « Coteaux de Saint-Prix », un vin rouge produit sur la commune valdoisienne depuis 2009, et s’enthousiasme. « C’est très surprenant comme résultat, au vu des moyens mis en œuvre. […] Il y a un vrai potentiel, d’ici dix ans ça peut être un très bon vin ».

Une équipe de passionnés

« Pendant plusieurs siècles, le paysage saint-prissien a été modelé par la culture de la vigne » explique Jean-Pierre Enjalbert, maire (DLF) de la ville. Mais avec le développement du chemin de fer et le phylloxera (insecte ravageur de la vigne), la production a fini par disparaître comme dans bien d’autres villes d’Île-de-France.

Il faudra attendre 2006 pour qu’une production de vin y soit relancée, à l’initiative d’un élu, sur un terrain communal d’un hectare classé zone protégée. L’entretien des pieds et la vendange des ceps (pieds de vigne) sont assurés par l’association Clos Saint-Fiacre dans le respect de méthodes biologiques depuis 2009. « On est une équipe de passionnés […] tous les samedis matin on entretient les pieds de novembre à septembre » explique Bruno Huguet, président de cette association qui compte une soixantaine de membres. Et ces dernières années, la production de ces quelque 4000 ceps a presque triplé atteignant les 1500 litres en 2017. Il a même « fallu acheter de nouvelles cuves, car les autres arrivaient à saturation » témoigne le président de l’association.

Vers une commercialisation

Jusqu’à présent, le fruit de ce travail était mis aux enchères par la ville de Saint-Prix lors de sa fête « Les Instants nature ». Elle annonce qu’elle va désormais pouvoir les commercialiser. « On espère que des cavistes, des restaurants vont proposer ce produit local, bio » explique Jean-Pierre Enjalbert. En attendant, ce vin sera vendu lors des événements festifs saint-prissiens. Il faudra compter 25 euros pour une bouteille du millésime 2009 (récompensé par un premier au concours des vins d’Île-de-France) et 14 euros pour une bouteille des millésimes compris entre 2010 et 2015. « On n’a pas la prétention de dire que le prix colle à la qualité, mais il colle à la démarche ! » argue le maire.

Vins d’Île-de-France

En Île-de-France, Saint-Prix ne fait pas figure d’exception. D’autres villes comme Taverny, Argenteuil, Suresnes ou encore Paris (Montmartre, Bercy) produisent leurs propres vins, souvent dans une démarche patrimoniale. « L’Île-de-France a longtemps été la première région productrice de vins en France. On estime que 42000 hectares de vignes y étaient présents jusqu’au XVIIIe siècle » avance Henri Le Rouzic, président de l’UVVOS (Union Vigneronne Vals d’Oise et Seine). Aujourd’hui tombé à une centaine d’hectares, selon cette association, ces vignobles restent peu connus face aux vins des grandes régions viticoles. Mais cette situation pourrait évoluer grâce à un changement de législation. Depuis 2016, l’union européenne offre « une possibilité de croissance du vignoble » d’environ 7500 hectares par an ainsi que la plantation de « l’ensemble des types de vins (AOP, IGP et VSIG) et sur tout le territoire », explique le ministère de l’agriculture française sur son site Internet. Peut-être l’opportunité de relancer les vins franciliens et améliorer leur qualité… « Une des actions que nous voulons mener, c’est produire des produits locaux de qualité, et parmi eux il y a le vin […]. Grâce à cela peut être que des métiers reviendront et des emplois seront créés, c’est utopiste mais j’y crois » conclut Jean-Pierre Enjalbert.